Nous allons nous intéresser à la réparation d’une cafetière Nespresso Magimix M100 de récup’ qui ne veut plus s’allumer.
Quand on la branche, et que l’on met l’interrupteur sur 1, rien ne se passe : pas de lumière, pas de bruit et pire que tout… pas de café !
Comment réparer cette cafetière, qui se vend encore aujourd’hui à 130€ neuve, alors qu’elle n’est plus sous garantie depuis perpette ?
Premier réflexe : trouver le manuel
Un de mes collègues anglais du premier bateau sur lequel j’ai travaillé me répétait sans cesse « RTFM » (comprendre : « Read The Fu**ing Manual » ou pour les anglophobes : « lit ce put** de manuel ». Soit.
J’ai trouvé un manuel d’utilisation après une rapide recherche sur Internet, sur le site manualslib.com (que je vous recommande vivement). Malheureusement, comme beaucoup de manuel d’utilisation, il ne sert pas à grand chose. Toujours est-il qu’il m’a permit de confirmer que non, décidément, cette machine à café ne fonctionne pas comme elle le devrait.
Deuxième réflexe : ouvrir la bête
Sachez que mon expérience en tant qu’officier électronique embarqué sur les plus gros yachts de luxe m’aura au moins appris une chose : 90% des pannes se réparent très facilement (bon, les 10% qui restent sont vraiment galères par contre). Et la première chose à faire est d’observer attentivement notre appareil.
Puisque la machine semble intacte de l’extérieur, nous allons donc l’ouvrir pour examiner ce qui cloche dedans. Attention, pensez toujours à débrancher votre appareil avant de l’ouvrir (et qui plus est, attendez aussi un peu pour vous assurer que les condensateurs éventuels sont bien déchargés).
Première surprise qui me fait toujours bondir de joie, les supers-ingénieurs qui travaillent sur les cafetières Nespresso semblent tous utiliser des vis à tête ovales. Non, pas des cruciformes, des plates, des torques ou même des triangles. Des ovales. Le truc qu’aucun kit de tournevis à multi embouts possède. Merci les gars, c’est sympa.
Allez, bonne nouvelle, j’ai quand même trouvé la parade. Il se trouve que je ne suis pas le seul à trouver cette pratique déplaisante, et les p’tits gars de chez iFixIt proposent des kits multi embouts avec tout les trucs les plus tordus imaginés par nos amis les ingénieurs anti-réparation. Je vous invite donc à vous procurer sans tarder un de ces kits, que vous trouverez par exemple sur eBay. Pour ma part j’ai pris le kit Manta Driver de iFixIt, il est très très complet.
(Pour les personnes avec un budget plus limité, envisagez d’acheter une tête d’outil ovale simple, on en trouve désormais de plus en plus… ouf !).
Je peux donc désormais ouvrir la machine : il y a au total 8 vis (6 dessous et 2 accessibles en enlevant le bac à capsules). Une fois les 8 vis retirées, il faut enlever les caches de cotés (ceux de couleurs, sur ma machine ce sont les parties rouges). Pour les enlever, soulevez-les sans forcer jusqu’à ce qu’ils se libèrent facilement. Ensuite, enlevez la base, en prenant soin de retirer le petit module blanc clipsé (je sais pas trop ce que c’est ? un filtre ? une pompe ?).
Troisième réflexe : Keep calm and observe
Maintenant, il s’agit de comprendre comment ça marche. Par chance, une machine à café, c’est pas très compliqué : une pompe, une chaudière, et deux boutons. Pourtant, rien ne s’allume quand elle est branchée.
Il y a donc un problème au niveau de l’alimentation, mais il n’y a pas de carte d’alimentation, seulement une carte de contrôle. Réfléchissons, ou plutôt avançons par étape. Nous allons suivre l’arrivée du courant depuis la prise électrique.
On se rend compte qu’avant d’alimenter la carte de contrôle, qui illumine les boutons retroéclairés, le câblage se faufile directement sous la chaudière (le gros élément métallique à droite sur la photo). Vous savez, le truc qui consomme le plus dans la machine, qui chauffe, qui mouille et qui a de grandes chances de provoquer un court-circuit ou une surchauffe… Allez, la puce à l’oreille, on va regarder la dessous.
Pour accéder à la chaudière, il suffit d’enlever trois vis et on a accès derrière. Ce qui nous permet de constater que les deux câbles de la phase (marron) et du neutre (bleu) passent sous la chaudière et sont en contact avec celle-ci au moyen d’une thermistance. Bingo !
Heu… une thermiquoi ?
Plus exactement, il s’agit d’un fusible thermique. Concrètement, il s’agit d’un dispositif de sécurité qui, lorsqu’il atteint une certaine température, coupe le courant. Comme pour les fusibles plus classiques, on les utilise pour protéger une installation susceptible de monter en température qui, si elle n’est pas contrôlée, pourrait provoquer un incendie. Le problème des fusibles thermiques, c’est que comme leurs homologues électriques, une fois déclenchés, ils ne peuvent pas se réenclencher. Il faut les remplacer.
4ème réflexe : silence, on teste !
Nous allons donc tester chaque fusible. C’est très simple : soit le circuit est fermé, soit il est ouvert. S’il est ouvert, le fusible s’est déclenché, il faudra donc le remplacer. Un simple tournevis torque pour dégager le fusible, un peu de doigté pour retirer la gaine isolante et un multimètre suffisent pour tester les fusibles. J’utilise la fonction Ohmmètre, et le résultat est bien là : entre les deux bornes du fusible connecté au neutre, la résistance est infinie. Circuit ouvert, le courant ne passe pas.
On a trouvé notre problème.
Résolution finale : le happy end de la réparation de cafetière
Il convient alors de trouver un équivalent pour le remplacer : sur le fusible, on lit la ref. « MICROTEMP SXHAWE E5A01 167°c ». Quelques recherches sur le net nous amènent à un équivalent (hop, direction eBay : pour quelques euros on trouve un fusible thermique qui fera parfaitement l’affaire).
Bon l’autre option serait d’être prévoyant et d’avoir un stock de ces petites merveilles, avec différentes températures. Mais là, on en sera quitte pour attendre quelques jours.
A la réception, on vérifie le modèle, puis on installe. J’ai fait la bourde de commander mon fusible thermique sans bague de sertissage, il a donc fallu que je le soude. Petit problème, un fer à souder peut monter à 300°c, mon fusible déclenche à 167°c… il faut donc aller vite et être précis ! Préférez utiliser une bague de sertissage, ça sera beaucoup plus simple. Autre astuce, donnée par Laurent, suite à la réparation de sa cafetière : bloquer une pince métallique sur la patte du fusible côté soudure, qui absorbera la chaleur et évitera de déclencher le fusible !
N’oubliez pas de remettre convenablement la gaine isolante, si vous ne voulez pas faire sauter tous les plombs de l’immeuble lors de la mise sous tension.
Avant de remonter la machine, pensez à vérifier que toutes les durites sont convenablement connectées, sinon votre premier café terminera sur la table. Fermez le tout, branchez la bête… et savourez votre café amplement mérité !
What else ?
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Il est possible de créer cette forme ovale en creux dans une tige acier.
Mettre la tige de Ø7 dans un étau, mettre dans une perceuse un foret correspondant au Ø le plus petit de l’ovale.
Percer les extrémités de l’ovale sur le grand axe.
Monter un foret plus gros dans la perceuse correspondant au petit axe de l’ovale et percer.
Remettre le petit foret et éliminer la le reste d’acier en agrandissant entre les deux trous jusqu’à obtenir l’ovale complet.
Vérifier l’usinage de temps en temps si on arrive à la cote de la tête de vis.
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Super idée, merci Magimax ! Par ailleurs, si vous ne disposez pas des outils nécessaires pour la réparation, il est toujours intéressant de passer rendre visite au Repair Café du coin…
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